Que notre sang impur…

On est mal barrés mais ce n’est pas nouveau. Voilà déjà quelques années qu’on nous exhorte à chanter vaillamment la Marseillaise*, ce chant aussi laid en parole qu’en musique. Mais qu’advienne donc ce sang impur qu’on appelle si fort de nos vœux. Qu’il abreuve enfin nos sillons! Il enrichira la terre et donnera le blé sur lequel nous spéculerons sur les marchés boursiers de Chicago**. Notre chère patrie aura retrouvé sa gloire, vite mise à l’abri dans les coffres des multinationales. Les marchands de guerre s’en donnent à cœur joie. Les appels à la délation fleurissent, certains sont déjà en piste, c’est fou comme on retrouve vite les vieux réflexes.

On devrait donc chanter le cœur plein d’allant un chant dans lequel se logent la discrimination et le racisme. Pourtant un hymne national, si j’ai bien compris ce qu’on essaye de nous expliquer, participe à construire les références communes qui forgent la citoyenneté, c’est à dire la vie politique. Il devrait, mais je n’ai pas dû bien comprendre, nous fédérer. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux, mais certains, nous dit la chanson, sont impurs. Et oui, leur sang est contaminé (notons qu’on peut gagner gros à son trafic, mais on s’éloignerait du sujet…).  Pas le nôtre bien sûr ! Quoi que, le mien, je ne sais pas… Il charrie quand même une belle dose d’Orient. Et il n’est ni bleu, ni blanc mais rouge et rien d’autre.

Triste constat… Je fais donc immédiatement acte de contrition et me range de ce pas du côté des engrais organiques. Mais je le dis tout de suite, bien haut et bien fort. Ce n’est pas dans les sillons creusés par les usines à labourer de l’agriculture intensive que je le verserai, mais dans une terre aux herbes folles que ne chatouillent que les vers de terre.

*Depuis 10 ans son apprentissage est obligatoire à l’école primaire
**La majorité des prix que touchent les producteurs agricoles de la planète sont décidés à la Bourse de Chicago

Tagged ,

Soupçon de voile

Une femme dit : « Je veux être reconnue pour ce que je suis et non pour ce que je porte ». On est à Paris, en 2015, et cette femme porte un voile qui recouvre ses cheveux. Une autre femme dit : « Je ne veux pas qu’on me harcèle dans la rue parce que je ne suis pas couverte de la tête aux pieds ». On est à Alger, la même année, cette femme porte un tee-shirt à manches courtes. Même raz-le-bol de chaque côté de la Méditerranée, même impossibilité de jouir à son aise du corps que l’on désire, dans cette confrontation aux regards masculins qui impose à coup sûr de se conformer pour exister. Voile/HTV/lalignedecoeur

Dans ce débat qui n’en finira jamais sur ce que doivent porter les femmes, on ne va pas faire semblant d’être neutre et non concernée. On se sait capable de distinguer deux jumelles portant un niqab en tout point similaire, le simple éclat de leurs yeux trahissant leurs singularités irréductibles. Et on entend bien que dans la plainte de la femme voilée résonne celle de la femme qui ne peut découvrir ses bras.

On est pourtant du côté de la peau nue et libre, et même très intimement de ce côté. Pourquoi, puisque qu’au fond on ne voit pas bien où est le problème? Parce que… Voyons, comment dire…? Comment dire qu’être femme c’est aussi avoir un corps et en jouer? En user, pour le meilleur et le meilleur? Oui comment dire cela lorsque chaque parcelle du corps de la femme est scannée, jugée, neutralisée, barbisée, lorsque que toutes ces parcelles formant un corps malgré tout se retrouvent au final bien rangées derrière des voiles ou des faux semblants? Comment dire cela lorsque le simple fait de dire cela implique de porter vivant en soi un combat ingrat, difficile à comprendre et à accepter, et qui semble toujours à mener, jamais gagné? Oui, comment le dire?

« Nous dansons, car après tout c’est ce pour quoi nous nous battons :  pour que continuent, pour que l’emportent, cette vie, ces corps, ces seins, ces ventres, cette odeur de la chair, cette joie, cette liberté. »
Starhawk, Rêver l’obscur. Femmes, magie et politique, éd. Cambourakis, 2015
 Sulzi ronya ot dve tcherni otchi / Deux yeux noirs versant des larmes
Chant de femmes de Bulgarie, Ensemble Bisserov
Tagged , , ,

En tant que femme : Maria-Mercè Marçal

Dans ce blog se promènent des femmes inspirantes. Pour Maria-Mercè Marçal, parler en tant que femme c’est d’abord dire la part blessée du corps, c’est parler depuis son corps :

« Je me mets à genoux devant
le corpsP1010623
impur
obscène
mortel
premier
pays
vivant
cercueil
ouvert
d’où je
proviens
il n’y
a pas,
mère, d’autre naissance. »

C’est parler du monde indompté, de sa frange indicible :

« Je rends grâce au hasard de ces trois dons :
être née femme, de basse classe, de nation opprimée.

Et de ce trouble azur d’être trois fois rebelle. »

C’est collectionner l’éclat fragmenté des jours  :

« Je monterai la tristesse au grenier
avec le parapluie cassé, la poupée borgne,
le cahier périmé, la vieille tarlatane.
Je descendrai les marches dans la robe de joie
qu’auront tissée des araignées toquées.

Il y aura de l’amour émietté au fond des poches. »

C’est dire la dimension translucide de la mort  :

« Rien ne te sera pris : seul viendra
l’instant d’ouvrir
docilement la main
de libérer
la mémoire de l’eau
pour qu’elle se retrouve eau
de la haute mer. »

Maria-Mercè Marçal, Trois fois rebelle, éditions Bruno Doucey, 2013, pages 101; 9; 21; 87. Traduit du catalan par Annie Bats

Tagged , ,

Vent froid, trop froid

HTV/lalignedecoeur.frJ’ai déjà vu ce printemps là. Venteux, froid, désagréable. Même le feu rallumé dans le poêle ne fait pas oublier le manque de soleil. Manque indéniable de vitamine D. Besoin d’une dose, vite, pour me refaire une carapace. Une belle carapace de chair brune, imperméable à ceux qui n’ont ni parole ni regard, ni rien à trimballer dans leur boite crânienne, non pas même du vide, je le sais je l’ai vu.

Un printemps, ça avait déjà été comme ça. Temps pourri. Cerises moisissant sur l’arbre. Tomates recroquevillées sur elles-mêmes. Puis il y a eu un été, je m’en rappelle. Mais il n’est pas revenu l’année suivante. Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir attendu. Qu’en sera-t-il cette fois ci? Si au moins le vent pouvait faire le ménage, c’est trop demander? J’ai quelques noms à donner, si besoin. Juste pour rendre service. Je me sens une âme de balayeuse ce soir. Bon voyage messieurs dames, c’est par ici la sortie, si vous voulez bien vous donner la peine de dégager du pas de ma porte. Merci. – Mais je vous en prie, tout le plaisir est pour moi.

Météo de ce 21 mai dans le sud de la France.

Tagged

Écrire la vie

Ecrire la vie/HTV/lalignedecoeur.frJe tombe par hasard sur la 4ème de couverture du dernier livre de François Bégaudeau La politesse:
« La voix du Nord demande si les deux auteurs se sentent particulièrement concernés par le thème de ce soir, Écrire la vie.
Nous nous sentons particulièrement concernés. Nous ne voyons pas ce que nous pourrions écrire d’autre. »
Ces lignes me réjouissent particulièrement. Moi aussi je veux me sentir particulièrement concernée.

Plus bas on peut lire :
« François Bégaudeau est né en 1971 à Luçon. »
Je ne sais pas où se trouve Luçon mais cette information a l’air de toute première importance. Je chercherai. On note au passage que l’auteur en question est jeune (enfin plus jeune que moi). N’étant pas sociologue je ne peux pas dire si l’année 1971 a été un bon cru pour la littérature française ; aura-t-elle été le point d’inflexion notable de l’émergence d’un nouveau style littéraire singulier contribuant aujourd’hui au rayonnement culturel de la France que je n’en saurai rien. Je constate qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne me dit pas. Il me semble d’ailleurs m’être déjà fait ce constat.
Et puis : « Il est l’auteur de sept fictions aux Éditions Verticales : Jouer juste (2003) –un livre que j’avais lu sur un malentendu, pensant qu’il parlerait de musique [mais les livres de François Bégaudeau parlent de tout sauf de leur sujet, cela je l’ai compris après coup], Dans la diagonale (2005) – pas lu ou alors je ne m’en rappelle plus, Entre les murs (prix France Culture-Télérama 2006, adapté au cinéma par Laurent Cantet) –vu au cinéma et pas vraiment aimé, Fin de l’histoire (2007) –pas lu, Vers la douceur (2009) –offert à Noël à une amie proche, je trouvais que c’était un programme tout à fait digne d’intérêt, La blessure la vraie (2011) –j’ai cherché la blessure à chaque page sans en trouver de trace, mais à cette époque tout était prétexte à trouver un miroir à la mienne, et Deux singes ou ma vie politique –pas lu non plus ».
Et encore : 19,50 EUROS [pas donné, attendre qu’il sorte en poche -forcément il sortira en poche] ;
Illustration de couverture Philippe Bretelle [là, franchement, je ne m’étends pas pour ne pas me faire d’ennemi, mais Philippe aurait pu faire un effort] ;
www.editions-verticales.com [bien noté].
Il y a encore quelques petits signes en bas à gauche (ce fameux coin que notre œil ne voit pas, dans lequel on peut fourguer tout ce qui encombre) : des n° à rallonge, dont l’ISBN [978.2.07.014848.6]. Enfin en haut de page le nom de l’auteur et le titre du livre.

Passons maintenant aux pages intérieures. Soit 293 pages numérotées, avec une certaine bizarrerie d’ailleurs car la numérotation commence à la page 9. On se demande pourquoi les premières n’ont pas eu droit à plus d’égard, c’est injuste mais bon. Ces 293 pages sont suivies de neuf pages totalement blanches, et d’une toute dernière rappelant que le livre a bien été imprimé [une survivance ?], en quel lieu précisément, jusqu’à nous préciser en quel mois les presses ont fonctionné pour nous offrir à nous lecteur cet objet sobre et pur. Merci beaucoup petites presses. C’est bien fait, vraiment. Mais revenons à nos neuf pages blanches, qui m’interpellent vous l’avez compris… L’auteur a-t-il voulu nous laisser la place et nous faire participer à son projet d’écriture ? Qui n’est autre que celui d’écrire la vie ? J’approuve des deux mains. Je veux m’y mettre tout de suite. Neuf pages c’est du concentré, il va falloir résumer.
Mais avant de me lancer je reviens à la 4ème de couverture, car de fait je n’ai pas tout lu.
« En poussant un peu nous pourrions démontrer qu’écrire la vie est un pléonasme.
– Mais est-ce que ce n’est pas voué à l’échec ?
Nous pensons que si. »

Hé ! La chute est un peu dure. J’étais si contente.
Faut-il du coup laisser leur virginité à ces pages blanches ? Ne surtout pas prendre le risque d’y toucher ? Ne seraient-elles qu’une métaphore de notre impuissance, ou une mise en garde définitive contre toute tentative de dévoiler quoi que ce soit de la vie ? Je commence à être moins à l’aise. Si ces pages au contraire n’étaient blanches que de saturation de vie ? Si elles renfermaient toutes les vies, prêtes à nous sauter à la gorge et à nous étouffer à la première occasion ?
Mon cher François, bien loin de moi l’idée de vous incommoder car vous êtes sans doute tout à fait charmant, mais voyez-vous je crois que je n’en veux pas de votre vie. Enfin de LA vie. J’ai déjà bien du mal avec la mienne. Soyons un peu sérieux. Si écrire la vie est voué à l’échec, que dire de peindre la vie ? Ou de jouer la vie ? Ou encore de dire la vie ? De penser la vie ? Aimer la vie ? Manger la vie ? Tout est-il assurément voué à l’échec ?
Du coup, je ne suis plus très sure de vouloir lire le livre. Même par politesse. On nous appâte avec un beau programme, et puis tout s’écroule en une fraction de seconde. On connaît l’histoire. On ne me la fait plus.
« –A moins que tu aies changé d’enfance entre temps ?
– Non, pas trop. ».
Chapitre I.1, p.15.

François Bégaudeau, écrivain de la vie retranchée dans la fausse candeur de la simplicité, auteur qui joue à brouiller les pistes, ne se reconnaitrait certainement pas dans le portrait que je brosse de lui et de ses livres. Alors, pour éviter toute ambiguïté, je précise tout de suite que je vous invite chaleureusement à lire ses livres si ce n’est déjà fait.

Tagged

La vie exige le coeur

La vie répond — ce n’est pas vain
on peut agirChat/lalignedecoeur.fr
contre — pour
La vie exige
le mouvement
La vie c’est le cours du sang
le sang ne s’arrête pas de courir dans les veines
je ne peux pas m’arrêter de vivre
d’aimer les êtres humains
comme j’aime les plantes
de voir dans les regards une réponse ou un appel
de sonder les regards comme un scaphandre
mais rester là
entre la vie et la mort
à disséquer des idées
épiloguer sur le désespoir
Non
ou tout de suite : le revolver

(…)

Laure « Écrits, fragments, lettres » 10-18, 1978

« Quand on n’a plus le choix il nous reste le cœur »
Noir désir. A ton étoile

Tagged , ,

Résistance mon amour [commémoration J-28]

armenian-genocide-24-04-1915

Nous vivons dans un monde de fous, dors mon amour…

Jacques Coutela s’est fait suspendre du FN en 2011 après avoir posté, sur son blog, un billet dans lequel il défendait Anders Breivik, l’auteur des attentats d’Oslo et d’Utøya, en Norvège, au cours de laquelle 77 personnes ont été assassinées: « La raison de l’action terroriste du nationaliste norvégien : combattre l’invasion musulmane, voilà ce que l’on vous cache. » Quatre ans plus tard, réintégré, il est candidat aux départementales. Au premier tour, le binôme FN Sandrine Neyens – Jacques Coutella arrive en 2e position avec 30,92% des voix, juste derrière le binôme UDI (32,92%) mais loin devant le binôme UMP (18,87%)¹.

Le chat au pelage doré veille sur toi mon amour…

Fabien Rouquette, candidat FN à Narbonne (Aude) a partagé sur Facebook, le 31 août 2014, un message en blanc sur fond noir : « Socialistes, communistes, musulmans! Faites un geste pour la terre : suicidez-vous ». Sa colistière, Michèle Boisset, a liké la photo, ajoutant ce commentaire : « Hihi ! Un beau rêve ». Le binôme Michèle Boisset – Fabien Rouquette arrive en tête au premier tour des élections départementales de mars 2015, recueillant 30,94% des voix. Il devance le binôme Divers droite (29,42%) et celui du PS (27,99%)¹.

Sous tes paupières passent des rêves, je les vois mon amour…

Le 22 février 2015 Jean-Francis Étienne a proposé sur Facebook, photo à l’appui, de « couler un ou deux bateaux poubelles de migrants. […] Ça va hurler dans les instances internationales, mais on s’en fiche… ». Au premier tour des élections départementales de mars 2015, le binôme FN Jean-Francis Étienne – Sophie Pin arrive 4e avec 11,05% des voix, derrière deux binômes Divers droite (35,91% et 35,34%) et le binôme Front de gauche (17,71%)¹.

Ton corps abandonné au sommeil me berce mon amour…

Élie Quisefit, candidat FN à Narbonne (Aude), poste en 2012 un message pour le moins équivoque: « Il y a des battues contre les sangliers… contre les loups… contre les lynx… Et si on organisait plutôt des battues contre les Arabes on sauverait peut-être la France ! ». Au premier tour des élections départementales de mars 2015, le binôme FN Sylvie de Roeck – Élie Quisefit arrive en 2e position avec 29,93% des voix, à un cheveu du binôme PS (29,98%) mais devant celui Divers droite (27,35%)¹.

Un jour qui n’aura pas grand chose de différent d’un jour banal, un homme décidera que pour les autres tout doit être terminé…
Plus tard on appellera ça un génocide.
Mais avant on lui prêtera main forte. Car celle du plus fort a toujours raison.

Parce que tu dormais tu n’as rien vu…

« Ces malheureux assurent qu’ils ont trop à redouter des Turcs pour rester chez eux. (…) la population marseillaise réclame du gouvernement qu’il interdise rigoureusement l’entrée des ports français à ces immigrants et qu’il rapatrie sans délai ces lamentables troupeaux humains, gros danger public pour le pays tout entier. (…) »
Discours du sénateur-maire Flaissières, publié dans Le Petit Provençal le 21 octobre 1923

Nous sommes des survivants, me croiras-tu ?
Si je te dis que je t’aime quand tu dors, me croiras-tu ? Que je t’aime quand tu ne me dis rien du chaos qui nous entoure, me croiras-tu ?
Nous sommes des résistants te disais-je, des résistants en habits de paille. Inflammables au possible.
Nous sommes des milliers.
Nous sommes une armée.

Alors dors encore et ne crains rien mon amour, je te réveillerai lorsque la caravane sera passée.

« Cours autant que peuvent te porter tes jambes, cours d’un ouragan à l’autre et élève ton petit cœur comme une supplique adressée aux plaines où se bousculent les lettres et les étourneaux. […]. N’y a-t-il pas dans ta voix le fracas d’une rupture ? »

Salim Barakat, « Le criquet de fer », Actes Sud Littérature Mondes Arabes, 1993

 ¹http://lelab.europe1.fr/departementales-zoom-sur-neuf-candidats-fn-a-problemes-23068

Tagged , ,

8 mars (II) : être femme

Conseils résumés en 50 points sur l’amour, la vie sexuelle et la vie conjugale

« La nature de la femme consiste entièrement en sexualité dans son sens large. Son mental et sa vie émotive sont un grand élan pour que cette sexualité s’accomplisse en amour, en dévotion et en maternité. C’est sa tâche la plus importante, son devoir et sa joie. (…) Beaucoup de filles écartées de force de leur profession de féminité réelle ont usé plus que leurs forces dans leurs études et leurs travaux ; elles ont été dé-féminisées, tandis que les hommes accablés par le souci et la lutte pour gagner leur vie perdirent leur jouissance de l’amour. »

Prague/HTV/lalignedecoeur.frAvant le mariage

12 N’épousez pas une personne que vous ne connaissez pas depuis quelque temps, six mois au minimum. Si possible, éprouvez votre compatibilité en passant des vacances dans le même lieu ou en voyageant ensemble.

15. Une femme ne devrait pas épouser un homme qui n’est pas bien éduqué sexuellement.

17. Il est imprudent d’épouser une personne incapable de tenir sa promesse ou qui de caractère faible s’efforcera d’y échapper par la boisson ou le jeu.

18. Une personne dont l’enfance fut malheureuse est un risque conjugal sérieux.

19. Une fille masculine et un garçon de type efféminé ne devraient pas s’épouser avant que tous deux n’aient progressé dans la caractéristique de leur sexe.

20. Une jeune fille qui veut épouser un fils unique court le risque d’être continuellement comparée à une mère supersensitive.

22. Un couple ne devrait pas s’épouser avant d’avoir eu le plaisir de se tenir les mains et de s’être embrassé. Car le baiser doit, par ses délices, attirer le désir sexuel.

23. Un baiser avec les lèvres couvertes de rouge empêche le parfait contact des lèvres et la véritable satisfaction.

Prague2/HTV/lalignedecoeur.frAprès le mariage

27. Si un homme épouse une jeune fille craintive, il ne doit pas l’approcher sexuellement avant qu’elle ne désire le faire, ni la forcer de le voir nu.

28. Chaque homme doit éviter de toucher le clitoris de son épouse, même si elle le désire. L’épouse doit apprendre à perfectionner la sexualité dans le vagin.

30. Pendant la durée complète de l’union sexuelle, les deux partenaires doivent lui accorder leur pleine attention à l’exclusion de toute autre chose. Ils doivent être complètement relaxés et ne pas converser l’un avec l’autre.

33. Chaque femme doit savoir qu’un organe sexuel humain est très sensible et qu’il possède une sorte de vie autonome, presque indépendante de celle de la personne.

35. Durant le rapport, l’homme ne devrait pas se placer sur sa femme, mais prendre une des positions décrites au chapitre IV.

37. Il faut éviter en toute circonstance, les préservatifs anticonceptionnels en caoutchouc ou en soie, etc., empêchant l’échange électro-magnétique, ce qui provoque le blocage nerveux.

47. Quand les femmes ressentent des désirs sexuels intenses mais irréalisables comme les veuves, les divorcées ou les femmes délaissées (spécialement au moment de la ménopause), elles obtiennent généralement d’excellents résultats en prenant une injection chaude pendant le bain, une nuit sur deux, d’une durée de dix à vingt minutes, en restant confortablement dans le bain. Ajouter au robinet de la baignoire une prolonge en caoutchouc. Le courant d’eau ferme, régulier, sans à-coup, délivre ou plutôt libère les tensions de tout l’organisme laissant la femme relaxée et paisible.

49. Une affinité subtile existe entre la maladie et les désirs d’amour inassouvis. Les hôpitaux et les docteurs seraient moins surmenés si une compréhension réelle de l’amour était plus répandue, afin qu’il s’exprime mieux.

Extrait de : La perfection sexuelle. Dr. Rudolf Von Urban, Nouvelles éditions Debresse, Paris, 1962. [Sex perfection and marital happiness, DIAL PRESS, INC New York, 1949]

Tagged ,

Comme quelque chose qui cloche

Dimanche, 12 heures, rassemblement pour Charlie.

La foule se masse sur l’esplanade en terre battue, et à midi sonnante les hommes solidaires pour une fois se dirigent compacts et unis jusqu’à la grand rue. 1500 habitants dans ce gros village, presque autant de personnes rassemblées ce jour là. On ne pensait pas que ces montagnes abritaient tant de monde.

Le cortège s’est approprié la chaussée. Le trottoir de droite, lui, reste libre. Passage est laissé à une vielle femme qui marche à contre sens, seule. Un coup d’œil à sa démarche et à son foulard caractéristique suffit à l’identifier, ici tout le monde se connaît. On fait comCommémoration/lalignedecoeur.orgATT012291111me si on ne la voyait pas, comme si l’image ne dérangeait pas. Devant moi une personne prononce son nom. Une famille venue d’Algérie après la guerre (du même nom). La femme porte un sac en plastique contenant des légumes. Elle nous rappelle que le dimanche matin est jour de marché. Et de cuisine. Pour elle le trajet et les horaires sont toujours les mêmes. Il ne lui est pas venu à l’idée qu’aujourd’hui elle aurait pu en changer. Comme tous ceux qui avancent face à elle l’ont fait. Un jour dans sa vie en apparence comme tous les autres. A la différence près qu’aujourd’hui, entre la chaussée et le trottoir, s’est élevé un mur de verre. On se croise sans se voir. Dans ces espaces parallèles, les vies ne se chevauchent pas. Pas d’animosité, mais pas d’échanges non plus.
Nous aussi, tout comme cette femme, nous continuons notre trajet, peut être moins à l’aise qu’au départ. On passe maintenant devant les deux cafés principaux de la ville. Les portes sont fermées, on les sent hermétiquement closes. A l’intérieur notre regard capte des formes mouvantes. Des retranchés. Des qui résistent à l’appel. Des qui ne se solidarisent pas. Des qui nous dérangent. Ne pas regarder qui ils sont. Ne pas risquer l’intrusion. Pas maintenant.
On se dit : « Si je suis là pourquoi pas eux, pourquoi pas tout le monde ? » ; et puis : « Si je suis là et que d’autres ne sont pas là, est-ce que j’ai envie d’être là ? » ; ou encore : « Si je suis là et que certains me manquent, qu’est ce que je fais là ? ». Et on se dit aussi : « Non, arrête, pas maintenant! Maintenant ça va, tout va bien… Là, tout de suite… maintenant… en cet instant précis…, ça va… »

Tagged , ,

Passage doré

Reçu ce premier jour de janvier le privilège d’heures dorées comme du miel. Enchantement d’une journée d’hiver ensoleillée dans le sud de la France.
Présage.
Lire dans les rayons du soleil ce qu’on ne peut lire dans nos mains. C’est à dire tout, rien, et bien plus.

« On dit le ciel est bleu
Mais c’est moi qui le vois bleu
Le bleu est en moi
Autant qu’en lui
Et la lumière je suis lumière »

Henri Meschonnic, « L’obscur travaille », 2012

Lula Pena, Acte VII, extrait de l’album « Troubadour » (2010)

Tagged , , , ,

Pause musicale en Arménie

Musicien au paon« Sur la vie on ne peut écrire qu’avec une plume trempée dans les larmes», écrivait Cioran. Côté musique, la plume « enlarmée » pourrait être le doudouk, cet instrument arménien de la famille des hautbois. Il suffit de l’écouter pour s’en convaincre. Triste la musique arménienne ? Non pas, lorsqu’on sait que les larmes sont les gardiennes inestimables de notre humanité sensible, fragile, lumineuse dans sa capacité à éprouver la mesure de la vie. Lorsque le doudouk mêle ses larmes au vent qui le traverse, la terre se recueille à son passage. Ainsi que les hommes. Car qui ne voudrait pas être touché ?

Saren Goukayi (Je revenais de la montagne). Musique de Shéram

Sheram est un achough (ashiq en turc, achoughi en géorgien), ce qui pourrait se traduire dans notre langue par barde ou troubadour, c’est à dire un homme tout à la fois poète populaire, musicien, chanteur et compositeur, sublimant l’amour et la beauté partout où il passe. Sa musique mais aussi les chants traditionnels qu’il transmet nourrissent le répertoire des autres achoughs, qui assurent ainsi la transmission des chants. Les deux achoughs arméniens les plus connus sont Sayat Nova (mort en 1795 et surnommé « le roi des chansons ») et Shéram plus contemporain (mort en 1938).Musiciens arméniens

Les instruments traditionnels arméniens sont variés et sont toujours très joués aujourd’hui : kemenche (violon au long manche à 4 cordes qu’on joue dressé sur le genou), tar (instrument en forme de 8 à 5, 8, 11 ou 14 cordes, qui se joue avec un médiator en corne), saz (mandoline à très long manche et à 6 cordes), kanoun (cithare sur table de 72 à 75 cordes, qui se joue en pinçant les cordes avec deux médiators en corne fixés à chaque index par une bague de métal), shvi et srink (flûtes), zourna (hautbois très sonore proche de la bombarde), dohl et doumbeg (percussions), et d’autres plus connus comme l’oud, le kaval ou le santour.

Musique de danse traditionnelle de la région d’Abaron (Arménie centrale)

Quand la musique arménienne rencontre les instruments médiévaux occidentaux, cela réjouit nos oreilles :

Un chant très connu de Sayat Nova, Kani vour djan im, joué par Hesperion XXI, l’ensemble de Jordi Savall. Dans ce morceau se mélangent le doudouk, le rebec, la vièle à archet et les percussions.

Tagged , ,

Enterrer les morts et réparer les vivants

« – Que faire, Nicolaï ?
« – Enterrer les morts et réparer les vivants ? »Tbilisi/lalignedecoeur.fr
« Platonov », Tchekhov

Maylis de Kérangal, dans son beau livre « Réparer les vivants »¹ nous remet en mémoire cette réplique de Tchekhov. Que faire, lorsqu’on n’a plus de perspective pour guider nos pas, quand la vie est trop lente à apporter la joie promise, ou que, comme des joueurs lassés on s’ennuie au jeu qu’on a en main ? Que faire pour conjurer la grisaille lourde et terne ? Enterrer les morts ? Oui, pourquoi pas. Les morts sont partout, car les vivants meurent, c’est bien connu. Accepter le deuil, faire disparaître de notre quotidien les ombres qui nous menacent, ces corps inertes que nous articulons pour nous donner l’illusion d’un monde inaltérable. Réparer les vivants. Dans cette dialectique où, depuis la nuit des temps vie et mort échangent les dernières nouvelles du monde, comme si de rien n’était.

Entendu ce jour une émission sur les incendies des monuments parisiens pendant les derniers jours de la Commune² (un certain mois de mai de l’année 1871). Et retenu la fascination des hommes pour les ruines, en particulier pour les ruines encore fumantes. Attrait pour la destruction ? Pour la transgression ? Pour le néant ? On venait du monde entier pour voir cette ville s’écrouler. De véritables tours opérateurs avant l’heure guidaient ces touristes d’un nouveau genre vers les points de vue les plus spectaculaires. Que cherchait-on dans ces amas de pierres et de poutres calcinées ? L’image en négatif d’un palais, d’une bâtisse historique, d’un symbole du pouvoir ? Oui peut-être, mais sans doute beaucoup plus, car une ruine c’est aussi une page blanche qui s’ouvre, un futur immédiat et non planifié qui se présente tout à coup, une pause dans le destin bien ordonné du monde, en bref la possibilité de laisser advenir autre chose…  Mais dans un mouvement réflexe opposé s’exprime le déni tout aussi puissant de la ruine, traduit dans l’empressement des hommes à reconstruire à l’identique. Car effacer l’œuvre humaine c’est en même temps effacer les hommes qui en sont les maîtres. Inenvisageable frontalement. Trop effrayant. Trop radical. Trop absolu. La ruine ne peut venir que de l’autre, de l’ennemi (homme ou cataclysme naturel), car ce que nous mettons tant de temps à construire ne peut s’évanouir aussi facilement. A quoi bon sinon ? Et pourtant, l’incendie nous est tout aussi indispensable que l’argile. On le sait. Quelqu’un, quelque chose doit mourir, pour qu’un autre puisse naître et retrouver un souffle régulier. On pourrait plaider pour une position radicale, pour le pas en avant qui effacerait tous les autres, refuser l’entre deux sécurisant :

« Il est grand temps que l’on sache
Il est grand temps que la pierre s’habitue à fleurir
Que le non-repos batte au cœur
Il est temps que le temps soit
Il est temps »
Corona, Paul Celan

Mais je voudrais revenir à deux questions de fond que pose Maylis de Kérangal dans son livre mettant en scène le dilemme de parents face au corps sans vie de leur enfant, sur le point d’être vidé de ses organes qui iront rejoindre d’autres corps dont on prolongera ainsi la vie. Tout d’abord, peut-on enterrer un mort lorsqu’il n’appartient plus à l’ordre des humains (car un corps sans organe est-il encore humain) ? Et si oui, meurt-on vraiment lorsque des parties de nous-mêmes nous survivent ?

S’il faut effectivement arriver à répondre à ces deux questions pour vivre le deuil comme il se doit, nous sommes désemparés par la proposition apaisante de Tchekhov. Car aujourd’hui qui enterrer alors que la mort même nous échappe? Que répondre à Nicolaï? Oublier les morts et rechercher les vivants?

¹ Maylis de Kérangal, « Réparer les vivants ». Éditions Verticales, 2014
² La fabrique de l’histoire, France culture, 15 mai 2014

Tagged , , , ,

Instantané de voyage I : Salvador de Bahia

Une bouture d’Afrique sur une terre d’éden.Salvador2014/HTV/lalignedecoeur.fr

Peaux noires, murs colorés, églises exubérantes, air marin et soleil brulant. Rues pavées et rues trouées. Le bus de ville grince et fonce en demandant passage. Jésus est partout, il nous invite à lui livrer nos espoirs sous forme de petites bandelettes de couleur qui seront accrochées aux grilles des églises. Le vœu ne coûte pas cher. Les croyances sont obstinées. Et pourquoi pas d’ailleurs. La nuit personne ne traine. L’obscurité tombe rapidement, et les forces obscures au parfum de crack ou d’alcool reprennent la place.
Il y a quelque chose de simple et de sauvage dans les yeux des marchands ambulants. Dans cette belle ville il sera impossible de prendre acte de la fin d’un temps. Les époques se superposent, et les premières vivent toujours superbement. Cette ville raconte sans être didactique. Pourtant de son passé elle semble peu encline à parler. Mais des couleurs si. On en joue avec une maîtrise innée. Pas une trace de nostalgie dans le décor. On met en scène, on polit, on repeint, on arrange, et on joue la pièce avec plaisir car on est le jeu. Les temps ne finissent pas nous dit la toute première ville du Brésil, ils ne sont que matière à modeler pour le futur. Dommage pour qui viendrait ici pour oublier.

Dans la pousada la seule personne à fuir sera le français malencontreusement rencontré dans la salle commune. Installé depuis 15 ans au cœur de l’État de Bahia, loin de tout, c’est une délivrance pour lui de passer quelques jours par mois à Salvador. Il fuit ainsi son oisiveté et sa femme. Négatif et désabusé, il n’aura évoqué du Brésil que la corruption et les agressions. Mais il faut moins de cinq minutes pour comprendre qu’il est totalement imperméable à toute vie (et on aimerait penser qu’il n’en a pas été toujours ainsi…).

Pour voir Salvador, il faut évidSalvador2/2014/HTV/lalignedecoeur.fremment quitter le Pelourinho pour descendre jusqu’à la mer. Là deux possibilités: se baigner (si on est un enfant ou si on n’a pas réussi à quitter l’enfance) ou attendre la fin de la journée en buvant de la bière fraiche et désaltérante. Si une grosse pluie d’orage ne nous avait pas poussé à l’abri d’une buvette, nous aurions fait les deux…

Quando Eu Penso Na Bahia

Quando eu penso na Bahia. Caetano Veloso

Tagged , ,

Instantané de voyage II: Au coeur de l’Etat de Bahia, la Chapada diamantina

Une nuit d’ « ônibus » et nous passons d’une ville animée, bruyante et il faut l’admettre fatigante, à un village encore endormi, sentant bon la pluie fraîche et l’air lavé. Un seul oiseau chante et dans ses modulations aucun doute c’est la langue brésilienne qu’on entend. Comme s’il avait encore fallu se prouver l’existence du lien organique entre les sons de l’environnement et la langue de ses habitants. Imparable.

A 5 heures du matin il fait nuit noire. Cela ne durera pas, le jour arrive d’un coup, comme 12 heures plus tard arrivera la nuit, sans transition. A ce Brésil « équinoxial » on ne peut reprocher que la fugacité de ses aurores et des ses crépuscules, mais peut être est ce le secret de sa capacité à aller de l’avant, et à ne pas se perdre dans la nuance incertaine et les « peut-être » interminables.

Lencois/HTV2014/lalignede coeur.frEn tous cas cette arrivée est agréable. Un peu plus loin, dans la large rue déserte, une buvette est allumée. Elle offre du café (sucré et mauvais, ne surtout pas aller au Brésil dans l’espoir de savourer leur excellent café car c’est en Europe qu’on le trouve) et des jus de fruit préparés devant vous. Les guides attendent de pied ferme. Accueillants et avenants mais business is business. Ils descendent des garimpeiros, ces chercheurs d’or et de pièces précieuses qui ont fait la richesse de la zone à la fin du XIXe siècle, plaçant le Brésil en tête de la production mondiale de diamants. Sur ces hauts plateaux sillonnés de gorges, de cascades et de morros, on prend l’air. Mais il faut d’abord s’approprier la zone, pour se débarrasser des guides hors de prix et absolument inutiles lorsqu’il s’agit d’aller aux cascades les plus proches des villages.

L’architecture des villages, des XIXe et début du XXe siècle, est très belle. Il faut se laisser charmer. Et comme on est en vacances essayer d’oublier qu’elle signifiait vie de luxe pour les uns et vie de labeur pour les autres. A qui profitait l’éclat fascinant des pierres précieuses?

Mais la Chapada diamantina, cela aura été le nom quelque peu mystérieux de la plus belle de ses vallées, qu’on se passe entre initiés, la « vale do Capaõ », une vallée de « hippies » comme nous le diront les brésiliens. On y accède par une piste, et si l’électricité arrive petit à petit jusqu’aux maisons les plus isolées, ce n’est pas le cas des réseaux de téléphone ou d’Internet. Ce qui ne surprendrait pas si en descendant du mini bus on ne tombait pas sur un village très animé aux façades peintes de larges fleurs vives ou de mandalas éclatants, rassemblant une foule de jeunes gens aux cheveux longs (dread pour les garçons) et aux robes colorées pour les filles. Sur les affiches apposées aux portes des boutiques et des pousadas, on offre massages ayurvédiques, thérapies alternatives, appels à rejoindre l’enseignement des derviches tourneurs et de Gurdjieff (on l’avait bel et bien oublié celui là…), ou celui plus discret du chamanisme indien. Fondation de l’âme, écoles, retraites méditatives, bref ici tout est tourné vers la réconciliation harmonieuse de l’homme et de la nature. Sous les cascades fraîches, dans un décor paradisiaque, les corps libres et bronzés des jeunes gens s’exposent. Ils sont ornés de tatouages très élaborés, revendication d’une filiation originelle aux peuples indigènes restés intimes avec la terre. Le syncrétisme culturel est assumé. Car si l’homme nouveau revient aux sources, il a auparavant parcouru le monde… Bien sûr tout ici est écotourisme et pour la première fois de notre voyage le bio a pignon sur rue. Étrangement j’ai enfin la sensation d’avoir traversé l’Atlantique et d’être en Amérique (avec un grand A) – jusque là j’aurais pu situer le Brésil n’importe où sur le planisphère, tant il m’apparaissait d’une singularité totale, quasi extra « terrestre ».

Sur ce panneau placé au bord d’un chemin on lit:  « Prenez soin des fleurs, vous avez besoin des couleurs ». Le ton est donné.

Chapada diamantina/HTV2014/lalignedecoeur.frLa musique dansée dans la salle de bal de la place du village est le Forro, musique populaire des habitants de la région du Nord Est du Brésil. Un extrait de cette danse, dans une version élaborée (qu’on ne verra pas sur la place du village…):

http://www.youtube.com/watch?v=N-jG44Ct0ng

 

Tagged , ,
Top