J’ai fait un rêve le 4 avril 2014 (beaucoup de 4, surtout si je l’écris 4/04/2014…), je date les rêves que je prends la peine de transcrire, c’est à dire tous à une époque de ma vie.
Je parle de ce rêve parce que je l’ai retrouvé dans un carnet qui ne comporte que celui-ci, et que je n’avais de ce fait jamais relu. Je vous le reproduis tel qu’il a été écrit, visiblement dans un demi sommeil au vu de l’écriture.
« Un village quelque part loin, des petites maisons assez frêles, ouvertes. On est dans un pays chaud, les rues sont poussiéreuses. Une des maisons fait gîte. La femme qui le tient est jeune. Elle dit aux touristes rares qu’elle vend aussi de la bière.
Sous le village il y a de grandes galeries, comme une ville souterraine. Elles sont en béton et poussiéreuses elles aussi. On s’en sert pour passer d’une maison à l’autre, pour traverser le village ou pour stocker certaines choses. Mais surtout on y fait de grands feux avec de la paille ou des choses qui brulent vite, et ces feux servent à chauffer tout le village, nous explique notre hôte. Sans ces feux, même en été nous aurions froid. Des soupirails dans les pièces des maisons donnent directement sur ces galeries et ces feux.
C’est un peu inquiétant de penser qu’il y a du feu sous la maison.
Nous devons rentrer. Je voulais qu’on parte dès le petit jour mais on a trainé. Depuis le vent s’est levé, les conditions pour faire la route ne sont plus très bonnes. Il faut que soient réunies trois conditions pour partir. Deux sont de toute façon indissociables. »
Et voilà, le texte s’arrête là. Je ne sais pas pourquoi. C’est assez étrange, car lorsque je ne me rappelle plus de la fin d’un rêve je le note sur ma transcription. Je me suis peut être rendormie, c’est possible. Mais c’est frustrant!
Alors je vous propose que nous reprenions l’histoire ensemble. Dites moi quelles sont ces trois conditions, et les deux qu’on ne peut dissocier. Je ferai une synthèse de vos réponses sous forme d’un article sur ce blog.
Envoyez-moi vos suggestions à l’adresse suivante : lalignedecoeur[arobase]gmail.com.
Je compte sur vous!
Le petit cheval bleu. Areski et Fontaine, 1977.
Chanson à terminer (mais envoyez la suite à Brigitte Fontaine ou Areski)!

Autour de moi les voix passent, intermittentes, sur la terrasse. Je tente de déchiffrer les accents du groupe de randonneurs qui marchent sur le chemin en contrebas. Je leur en veux de brouiller mon écoute du vent et du ruisseau. Le murier qui se penche sur eux ne pense pas autre chose. Le dernier soleil de la journée éclaire le haut de la gorge. La fille aux lunettes de soleil rondes de la table d’à-côté m’effraie un peu. Copie anachronique d’une petite Janis Joplin égarée sur la Terre. Je ne reconnais pas mon paysage. Je sais que j’ai dansé toute la nuit sur le terrain de pétanque, qu’il y avait plus de joie dans les arbres et dans les regards. Le vent souffle doucement, évitant la terrasse. Il veille sur nous, ne veut pas qu’on ait froid. Que nous partions prématurément. Que je reste seule, attendant le retour de la danse.
Parce que j’ai instauré dans ma vie ce message rituel de vœux, j’ai tendance à me rappeler assez nettement les évènements du tout début d’année. Plusieurs fois je me suis demandé s’il était possible d’envoyer des vœux de bonne année alors que celle-ci commençait très mal. Comment ne pas passer pour inconséquente ou naïve en souhaitant paix, joie et force au monde entier (à mes amis du monde entier en fait, que les autres se débrouillent), comme me le rappelle chaque jour l’affiche bleue accrochée au mur de mon salon? Je dois donc dire que je ne m’attendais pas à une année commençant par une trêve, dans une guerre qui tue plus d’enfants que de belligérants. Si cette trêve ne devait durer que quelques jours, elle resterait ce qu’elle est déjà, un espoir de vie possible dans une terre qui accueille des populations qui n’en ont pas d’autre. Au même moment, et paradoxalement les deux évènements sont liés, un homme dangereux prend possession de l’Amérique. Je pourrais le noter comme le fait majeur de ce début d’année. Mais celui-ci a eu lieu le 5 novembre dernier, l’investiture de janvier n’en est que la continuité. Passez votre chemin, c’est en 2024 que le peuple américain a voté sa perte, 2025 le verra peut-être réagir…
« Nous trouvâmes en route beaucoup de ceux qui avaient été emmenés dans les convois précédents. Parmi les tués gisaient quelques femmes, à côté de leurs maris et de leurs fils. Nous rencontrions aussi des vieillards et des petits enfants qui étaient encore en vie, mais dans un état pitoyable. A force de pleurer, ils avaient perdu leur voix. »¹
« (..) alors je l’ai tapoté sur la pierre, l’œuf, pour le casser, et puis je l’ai épluché, et je pensais Ici c’est la reine de la nuit sur son trône, sur son trône de pierre, et puis l’œuf était tout nu maintenant et j’ai croqué dedans, et je voyais des fenêtres allumées dans la maison d’en face et j’ai pensé Est-ce qu’il y a des femmes heureuses qui habitent là, est-ce que ça existe d’être heureux quand on n’est pas libre, j’ai pensé Non, j’ai pensé, on n’est pas heureux quand on rentre dans la même maison tous les jours, et longtemps j’ai regardé les fenêtres allumées, et je pensais que moi je n’avais jamais été heureuse, et alors j’ai pensé à Paul, et puis j’ai encore regardé la maison aux lumières et j’ai pensé Si je mettais le feu à la maison, tout brûlerait, et comme ça les gens seraient libres puisqu’ils n’auraient plus de maison. Et avec quoi je mettrais le feu, j’ai pensé, Avec les lettres de Paul, j’ai répondu à ma pensée, alors là j’ai ri, j’étais bien gaie, Brûler les lettres de Paul, j’ai pensé en rouspétant de cette bête idée, ça jamais, les lettres de Paul c’est comme mon cœur, et je riais, et j’ai pensé, ça pour une bonne soirée c’est une bonne soirée (…).





