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A l’an nouveau grand vent frais

Lumière hiverIl dit – Quelque chose change…
Elle dit – Quoi donc?
Il dit – Ce matin je n’ai pas trouvé le café…
Elle dit – Oui ?
Il dit – Ni la tasse, ni le sucre, ni la cuiller…
Elle dit – Ah bon ?
Il dit – Je n’ai pas trouvé la table non plus, ni la cuisine, ni la porte de la maison
Elle dit – C’est étrange…
Il dit – Pourquoi tout se met à changer aujourd’hui ?
Elle dit – Ce n’est peut être qu’une disparition passagère…
Il dit – Tu veux dire que tout pourrait revenir ?
Elle dit –Pourquoi pas ?
Il dit – Et en attendant, si je veux boire un café?
Elle dit – Certes ça paraît difficile…
Il dit – Tu crois que ça a quelque chose à voir avec 2018 ?
Elle dit – Non, pourquoi ?
Il dit – Pour rien, pour rien…

Si nous savions vers quoi nous mène notre vie, nous ne conjurerions pas l’avenir par des vœux répétés chaque année, nous resterions rationnels et mesurés. Mais l’impermanence est la matrice de notre existence. Et si, en 2018, pour s’en prémunir, nous apprenions à lire l’avenir dans le marc de café ? Chaque jour, voire deux fois par jour, vous pourriez interroger votre destinée, et vous y préparer de pied ferme.
Je vous livre la recette. Elle vient du Moyen Orient.
Dans une petite cafetière orientale, mettez de l’eau, du sucre et du café moulu très fin. Faites monter en température très doucement, jusqu’à faire bouillir le café pendant une minute. Arrêtez le feu, et versez le tout dans le nombre de tasses adéquat, en répartissant la mousse formée pendant l’ébullition. Laissez reposer votre café pour laisser le marc se déposer. Ne mélangez surtout pas ! Buvez votre café en laissant le fond (sous peine de boire le marc), retournez la tasse sur la soucoupe et attendez quelques minutes. Regardez alors les dessins formés sur les parois de la tasse : votre avenir est là ! Chaque forme vous adresse un message. En voici quelques clefs. Des lignes horizontales et des stries vous indiquent un blocage, une ligne parallèle au bord de la tasse un voyage, une bulle ou un canard une rentrée d’argent, un escargot un déménagement, un oiseau une nouvelle, une cigogne une naissance, une colombe une rencontre sentimentale, un aigle un message de triomphe (alors pour s’y retrouver un peu, sachez qu’une cigogne a un long bec, une colombe est petite et a un bec court, un aigle est gros et a des serres puissantes). Un chien et ce sera la fidélité, tandis qu’un chat, c’est bien connu, la trahison. Un serpent indique une maladie, des ciseaux une rupture, un bateau un voyage par mer et un avion un voyage par les airs, un anneau un mariage, un bouquet de fleurs la réalisation d’un vœu, un fer à cheval de la chance en argent, un cœur une rencontre amoureuse, mais attention s’il est blanc c’est un amour passé (oui le passé s’invite aussi dans le fond de la tasse).

Si vous avez une volière dans votre tasse, c’est jackpot : une nouvelle, une naissance, une rencontre et un grand succès !
Si vous avez un avion et un bateau et que vous projetez de traverser l’atlantique, peut-être commencerez vous le voyage à la rame, avant d’être pris en charge par un hydravion secourable. Si vous avez un serpent dans votre tasse, mettez-y un aigle qui mangera le serpent. Si vous avez un anneau et un chat, mettez-y un chien qui coursera le chat. Si vous avez un anneau et des ciseaux, mettez y un bouquet et faites votre choix.
Le marc de café c’est la maîtrise de votre avenir !

Je précise que ça ne marche pas avec le thé. Comme je bois du thé, je m’en tiendrai aux vœux classiques. J’en formule un seul, l’amour de chaque instant par lequel nous grandissons. Un beau défi nietzschéen. A la vie toujours préférer la vie…

Et pour accompagner ce défi, une musique qui invite à prendre la route (vous seuls en savez la destination).

René Aubry, Rasta la vista. Album Refuges, 2011

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Plus ou moins 2017 vœux

voeux-2017Le premier contient tous les autres.
Le deuxième s’en échappe.
Le troisième on lui court après.
La vie est une course de fond me direz-vous,
Le quatrième sera donc un vœu d’endurance.

Le premier contient tous les autres sauf trois.
Ceux là nous font courir.
2017 vœux moins trois qui courent toujours,
Souhaitons-nous un deuxième vœu d’endurance.

Le premier contient tous les autres plus le reste.
Ce qui reste c’est ce qui n’a pas été perdu.
Qui nous verra courir après ce qu’on ne peut perdre ?

Le premier c’est le tout.
Ce tout on l’appellera pour un temps « 2017 ».
Ce tout va-t-il nous faire courir ?

Le tout contient le reste.
Le reste ne peut être perdu.
« 2017 » est ce qui reste.

Vous l’avez compris, l’année 2017 sera politique!

 

Pour commencer en douceur et sérénité, une petite perle du musicien turc Ömer Faruk Tekbilek.
« Last moments of love ». Extrait de l’album Crescent moon, 1998

 

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Pour 2016, que vais-je vous souhaiter?

Question difficile par les temps qui courent, j’y ai donc longuement réfléchi:

Feuilles et fleursdu vent dans les arbres (pour le bruit des feuilles)
des mots pour dire non
des mots pour dire oui
des fraises dans vos pêches melba
des arcs en ciel (da
ns votre ciel)
des poissons-chats volants
des soucoupes en état de marche
des fleurs de lys fanées
des fanes de radis pour la soupe
des pommes de terre nouvelles (toujours pour la soupe)
des nouvelles de moi

(- euh… je continue?
– non, je crois que ça suffit comme ça.
– vraiment?
– oui, vraiment.

 – dommage, je m’amusais bien.
– oui mais ça suffit quand même.
– bon, euh, et bien… la sortie c’est la grande porte ou la petite porte?
– passe sous le tapis c’est plus court.)

Pour résumer, que le monde merveilleux soit avec vous!

« Il est un ciel de satin au cœur de la tempête
et, tout près du seuil d’un paysage proscrit,
des châteaux de feu ouverts sur la mer, des tours de fête. »
Maria-Mercè Marçal, Sorcière en deuil

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Passage doré

Reçu ce premier jour de janvier le privilège d’heures dorées comme du miel. Enchantement d’une journée d’hiver ensoleillée dans le sud de la France.
Présage.
Lire dans les rayons du soleil ce qu’on ne peut lire dans nos mains. C’est à dire tout, rien, et bien plus.

« On dit le ciel est bleu
Mais c’est moi qui le vois bleu
Le bleu est en moi
Autant qu’en lui
Et la lumière je suis lumière »

Henri Meschonnic, « L’obscur travaille », 2012

Lula Pena, Acte VII, extrait de l’album « Troubadour » (2010)

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Vœux, une fois l’an

Ce message de bonne année n’aura pas la tonalité joyeuse et pleine d’espoir qu’on pourrait attendre de lui. Il faudrait en effet avoir 20 ans pour en écrire un de cette nature. Ou plutôt avoir eu 20 ans au commencement des temps, lorsque la vie se réveillait et se répandait sur la terre. Mais la terre est fatiguée de nous. De notre indifférence et de notre infidélité. Alors transformons nous une bonne fois pour toute en robots, interchangeables à merci, que les plus vaillants d’entre nous se chargeront de mettre au rebut à la première baisse de performance. Ne nous leurrons pas, nous en sommes là. Travailleurs fatigués mais toujours dociles, consommateurs aux ordres, vieux parqués et invisibles, femmes aux uniformes taillés sur mesure, tailleurs roses ou tchadors noirs selon les cultures – il faut bien se démarquer un peu. Alors que nous pensions si fort que nous avions gagné la bataille de la servitude.

Et bien non. Aujourd’hui il n’est même plus indécent de penser qu’il n’y a pas de place pour tous dans l’espace que nous habitons. Les naufragés des territoires noyés par le réchauffement climatique n’auront qu’à disparaitre avec leurs paysages trop bas car de nouvelles terres d’accueil ils n’en trouveront point. Fin 2013 les voix des chefs belliqueux résonnent bien fort. On aimerait retenir l’année. Se cacher les yeux pour ne pas regarder la porte s’ouvrir. Mais ce serait déjà se mentir. Car dans le vieux bois du temps la vie est là. Elle nous observe et nous la désirons. Ne tient qu’à nous de danser sur sa mélodie claire. « Prenez soin de vous », nous dit-elle. Nous tous autant que nous sommes, nous le Monde. Elle le sait bien la vie, qu’elle n’est pas une mais multiple, et qu’elle n’existe qu’à cette condition. Alors je nous souhaite pour cette année 2014 une attention soutenue aux petits riens merveilleux de la vie, manière efficace et douce de veiller à la conservation du monde.Tout cela et bien plus en image par un maître qui nous laisse franchir la porte sans lui:

Tout-Rien de Frédéric Back :

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