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Puisqu’il faut…

P1090397Puis qu’il faut dire
Le jour, l’amour, le fer, la pierre
Et que
Je ne dis pas…

Puisqu’il faut créer
La maison, les enfants, les ponts suspendus, la fenêtre
Et que
Je ne crée pas…

Puisqu’il faut penser
A tout, à rien, à hier soir, à demain
Et que
Je ne pense pas…

Puisqu’il faut prier
Pour que tu sois là, pour la pluie sur le jardin, pour ma mère
Et que
Je ne prie pas…

Puisqu’il faut compter
Sur soi-même, sur les autres, sur les cinq doigts de la main
Et que
Je ne compte pas…

Puisque tout cela s’imprime sur une pellicule fine
Accrochée au balcon de ma terrasse
Et puisque tout cela danse autour de moi
Pourquoi faire plus ?

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Au détour de ton amour. Hélène Tallon-Vanerian : composition et chant ; Patrick Villanti : guitare

La nuit en robe du soir. Hélène Tallon-Vanerian : composition et chant ; Patrick Villanti : guitare

Complainte du prisonnier. Hélène Tallon-Vanerian : composition et chant ; Patrick Villanti : guitare

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Infini bleu

Les Infinis bleus EOleJ’ai déjà parlé d’une ligne bleue
Pour dire que ton cœur
Ou quelque chose comme ça…
Mais rien à voir avec cet entrelacs
Sous le bleu affleure
L’ombre de la mer
Elle flotte à contre jour
Dans le moucharabieh
Quand le tableau se fige
Tout se fige
Il faut un appel pour casser l’immobilité
Se remettre à bouger
Trembler un peu, ou frissonner a minima
C’est pur plaisir et petite ivresse
Que ce moment là
Tituber gentiment
Quand le soir s’annonce
Çà ne durera que le temps nécessaire
A la contemplation
Ou un peu plus
Peut être

Des lignes et des signes
Il y en a tant
La feuille reflète le ciel
Le bleu reflète le blanc
Mais aussi
Le bleu m’émeut quand il se rassemble
J’avais dit un jour
– Le bleu /ton cœur…
Je boucle la boucle
Et j’aurais aimé ne pas revenir à ce point de départ
Ne pas démontrer
La non linéarité
De la ligne.

Hélène Tallon-Vanerian, d’après l’oeuvre d’eOle « les infinis bleus »
Juin 2018

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Après la nuit

P1090203On oublie
Que le point de départ
Se tient au fond de nous
Les mots traversent les âges
Comme le corps qu’on offre
A l’autre
Et qui raconte

Je ne donne pas tout
Je garde dans mes mains
Les histoires secrètes
Des voyageurs
Leurs poèmes
Qui flottent
Comme des rubans blancs
Dans le ciel

On peut songer au monde
Qui scintille
A l’étrange course de fond
Des oiseaux migrateurs
Aux paysages, aux mers
Aux champs verts
Aux arbres sculptés
Nous passons sur une terre de contraste
Saison du feu saison du froid
La rupture comme un état
Une ouverture vers autre chose

Arrivés sur le seuil
Nous survivons
Entre deux vides
Que nous comblons
De rêves et de chimères

Si nous savions aimer
Le vide ne nous effraierait pas
Et c’est assez de l’avoir dit
Pour s’endormir
Après la nuit.

HTV, décembre 2017

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