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Que notre sang impur…

On est mal barrés mais ce n’est pas nouveau. Voilà déjà quelques années qu’on nous exhorte à chanter vaillamment la Marseillaise*, ce chant aussi laid en parole qu’en musique. Mais qu’advienne donc ce sang impur qu’on appelle si fort de nos vœux. Qu’il abreuve enfin nos sillons! Il enrichira la terre et donnera le blé sur lequel nous spéculerons sur les marchés boursiers de Chicago**. Notre chère patrie aura retrouvé sa gloire, vite mise à l’abri dans les coffres des multinationales. Les marchands de guerre s’en donnent à cœur joie. Les appels à la délation fleurissent, certains sont déjà en piste, c’est fou comme on retrouve vite les vieux réflexes.

On devrait donc chanter le cœur plein d’allant un chant dans lequel se logent la discrimination et le racisme. Pourtant un hymne national, si j’ai bien compris ce qu’on essaye de nous expliquer, participe à construire les références communes qui forgent la citoyenneté, c’est à dire la vie politique. Il devrait, mais je n’ai pas dû bien comprendre, nous fédérer. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux, mais certains, nous dit la chanson, sont impurs. Et oui, leur sang est contaminé (notons qu’on peut gagner gros à son trafic, mais on s’éloignerait du sujet…).  Pas le nôtre bien sûr ! Quoi que, le mien, je ne sais pas… Il charrie quand même une belle dose d’Orient. Et il n’est ni bleu, ni blanc mais rouge et rien d’autre.

Triste constat… Je fais donc immédiatement acte de contrition et me range de ce pas du côté des engrais organiques. Mais je le dis tout de suite, bien haut et bien fort. Ce n’est pas dans les sillons creusés par les usines à labourer de l’agriculture intensive que je le verserai, mais dans une terre aux herbes folles que ne chatouillent que les vers de terre.

*Depuis 10 ans son apprentissage est obligatoire à l’école primaire
**La majorité des prix que touchent les producteurs agricoles de la planète sont décidés à la Bourse de Chicago

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Les cochons peuvent manger avant les êtres humains, pourquoi?

L’Île aux fleurs (Ilha das Flores), court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado, réalisé en 1989.
Une tomate qui voyage du champ à la cuisine de la ménagère, pour finir reléguée à la décharge de l’île aux fleurs. Des cochons qui se nourrissent des restes des poubelles de la ville. Et en toute fin de chaîne des hommes, des femmes et des enfants qui sont invités à récupérer ce que les cochons ont laissé. Pourquoi dans ce circuit les hommes passent-ils après les cochons ? Parce que les cochons ont un maître alors que les hommes ont, eux, la liberté !

L’absurdité et la sous-humanité de la logique immorale de l’économie de marché n’a pas pris une ride en 25 ans. Quoique la différence serait qu’aujourd’hui on ne laisserait plus les humains récupérer la nourriture jetée.

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